Cher Investisseur,

 

Le ralentissement de la croissance et de l’inflation se confirmant une fois de plus ce trimestre, les banquiers centraux sont passés de la parole aux actes. Mi-septembre, la BCE a annoncé la reprise de son programme de rachats d’actifs interrompu fin 2018. Elle a aussi augmenté la taxe sur les dépôts (de -0,4% à -0,5%). Au même moment aux Etats-Unis, la FED a abaissé, une seconde fois cette année, ses taux d’intérêt de 0,25 points. Les politiques monétaires redevenues accommodantes ont produit une baisse spectaculaire des taux d’intérêt. Dans un monde de taux toujours plus négatifs, TINA (There Is No Alternative), devient la nouvelle règle d’investissement sur les marchés d’actions. Cette règle, associée à l’essor de la gestion passive, tire les indices un peu partout dans le monde. En Europe, l’Eurostoxx 50 est en hausse de 8% ce trimestre (+18,9% depuis le début de l’année). L’action des banques centrales l’a emporté sur la multiplication des sources de tensions politiques associée à une dégradation de la conjoncture économique.

En zone euro, moins de croissance se traduit aussi par moins d’inflation. Elle est aujourd’hui inférieure de moitié à l’objectif de la BCE. Cette dernière est donc légitime pour agir dans le cadre d’un mandat qui ne cible que l’inflation. Reste que son action ne fait pas l’unanimité notamment en Europe du nord. Après la divergence des trajectoires budgétaires entre l’Europe du nord et L’Italie et la France, la politique monétaire devient une nouvelle source de crispations.

Les taux d’intérêt toujours plus négatifs renforcent le caractère singulier de l’année 2019 en zone euro. Ils entretiennent une inflation des actifs financiers ou immobiliers plutôt agréable pour ceux qui voient leur patrimoine s’apprécier. Mais ils fragilisent les banques, les assureurs, les systèmes de retraite. Dans le même temps ils obligent les épargnants en quête de rendement à accepter plus de risque et moins de liquidité. Notre sentiment d’inconfort n’a pas diminué ce trimestre, justifiant une prudence accrue.

 

Achevé de rédiger le 6 octobre 2019