Cher Investisseur,

 

Depuis plusieurs trimestres, l’action des banques centrales est toujours au cœur des préoccupations des investisseurs. Elles ont confirmé au second trimestre un changement de cap de leur politique monétaire. La décélération brutale de l’inflation depuis six mois est le principal argument invoqué pour justifier ce mouvement. En zone euro, la BCE a confirmé début juin qu’elle se préparait à mettre en œuvre de nouvelles mesures non conventionnelles. Toujours d’actualité fin 2018, la hausse des taux directeurs de la FED n’est plus à l’ordre du jour. L’institution se dit prête à inverser le mouvement pour ranimer une croissance moins dynamique. Les marchés apprécient toujours. L’Eurostoxx 50 progresse de +3,7% sur le trimestre et de +15,7% depuis le début de l’année 2019.

 

Aujourd’hui les banques centrales semblent condamnées à être accommodantes. Chacun compte sur elles pour solvabiliser les Etats impécunieux, soutenir la croissance, éviter les récessions, entretenir la confiance et le moral des investisseurs. Tant que l’inflation reste significativement sous leur cible (2%), elles ont une grande latitude pour agir. Une théorie monétaire moderne propose même de faire tourner la planche à billets encore plus vite. Le postulat sur laquelle elle repose est que la faiblesse de l’inflation serait structurelle. Il serait donc possible de créer de la monnaie pour financer des déficits budgétaires et ainsi soutenir la croissance sans risque inflationniste.

 

Cette théorie et l’action des banques centrales créent un climat singulier. Partout dans le monde, l’endettement atteint des records et les taux sont très faibles voire négatifs. L’économie ralentit, les bénéfices sont revus en baisse mais les marchés financiers progressent. Ces paradoxes génèrent un sentiment d’inconfort. Heureusement, même dans les périodes singulières, il existe toujours des histoires particulières. Des sociétés dont les actifs sont sous-évalués ou les perspectives sous-estimées. Nous continuons de travailler pour les identifier. Si nos raisonnements sont justes et nos calculs exacts, nos investissements contribueront à la performance future de notre fonds.

 

 

Achevé de rédiger le 16 juillet 2019