La reprise économique associée au déconfinement s’est confirmée ce trimestre. Sa dynamique est néanmoins inégale selon les secteurs et les géographies. La capacité des gouvernants à organiser la lutte contre le virus est l’un des facteurs expliquant les divergences. Certains ont plus de facilités que d’autres à imposer des mesures contraignantes de distanciation sociale à des peuples plus ou moins disciplinés. L’exposition sectorielle des différents pays joue aussi un rôle, en fonction du poids des secteurs frappés ou au contraire dynamisés par cette crise sanitaire. En Europe, la circulation accélérée du virus depuis l’été crée une incertitude persistante. La croissance s’essouffle. La performance des places boursières s’en ressent. L’indice Eurostoxx 50 baisse de 1,3% sur le trimestre.

Le match contre le virus n’est pas encore gagné. Les spécialistes continuent de se contredire notamment sur le temps nécessaire à la mise au point de vaccins. Dans cet épais brouillard, les seuls remèdes rustiques mais efficaces restent les gestes barrières, la distanciation sociale et le confinement, trois ennemis de la prospérité économique. En attendant, les Etats sont plus que jamais présents. Les plans de relance succèdent aux mesures d’urgence. Toujours financés par un recours massif à l’endettement, ces mesures budgétaires ne sont possibles qu’avec le soutien confirmé des banques centrales.

Reste que la visibilité a rarement été aussi faible. Jusqu’à présent, cette pandémie a produit plus de mauvaises surprises que de bonnes. En attendant que l’incertitude sur sa durée soit levée, nous maintenons une approche d’investissement mesurée. Pendant ce temps, notre vivier de valeurs décotées s’accroit avec la baisse des cours des sociétés dont la dette enfle et la trésorerie s’assèche faute d’activité suffisante. Si le virus décidait de s’installer, les augmentations de capital pourraient se multiplier. Réalisées dans l’urgence, au pire moment d’incertitude, elles devraient faire le malheur des actionnaires historiques. En fonction de la durée de la pandémie, elles pourraient aussi faire le bonheur des nouveaux investisseurs. Nous avons les ressources pour éventuellement participer à celles que nous jugerions porteuses de plus-value à terme.

Achevé de rédiger, le 14 octobre 2020